Posterous theme by Cory Watilo

Steve Jobs est mort

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4h20 du matin en ce jeudi 6 Octobre. je me lève pour travailler sur mon keynotes du HubForum. un rapide coup d'oeil sur Twitter m'en dissuadera. RIP Steve Jobs. Trois lettres qui signifient que l'histoire est finie, que Steve Jobs n'est plus.

Think different : Cette vidéo est celle que découvre chaque nouvel employé d'Apple à son arrivée. Elle résume la philosophie de Steve Jobs, qui a immanquablement gagné sa place dans ce gotha de "troublemakers" aux côtés de Gandhi, Bob Dylan, Mohammed Ali, Martin Luther King, Picasso ou Einstein. Un génie moderne qui a changé le monde :

"Here's to the crazy ones. The misfits. The rebels. The troublemakers. The round pegs in the square holes. The ones who see things differently. They're not fond of rules, and they have no respect for the status quo. You can quote them, disagree with them, glorify and vilify them. About the only thing you can't do is ignore them because they change things. They push the human race forward. And while some may see them as crazy, we see genius. Because the people who are crazy enough to think they can change the world, are the ones who do."

Steve Jobs, un homme rare, qui de l'Apple II à Pixar, de la trilogie iPod, iPhone, iPad en passant par des milliards d'App et de Store à changé nos vies, notre quotidien, l'a simplifié, tout en créant la marque et l'écosystème les plus profitables de l'histoire.

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Un génie et un incroyable commercial à la fois, un deus ex-iMachina dont la mythologie personnelle n'a aucun équivalent dans le business : un nom de quasi-prophète, un look immuable, baskets blanches, jean et col roulé noir, un style, un sens du verbe, une rareté de la parole personnelle, un culte du secret et de l'exigence permanente,bref un maître Jedi, avec son côté sombre et intransigeant. Et avec une obsession : la simplicité.

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Parler d'esthétique et non de technologie, de simplicité et non de performances. Faire comprendre que tout participe à l'expérience utilisateur, non seulement le hardware ou le soft mais aussi le packaging, le magasin, la pub et les sourires du Genius Bar. Faire passer ses convictions. Et ne jamais oublier l'essentiel: prendre le temps de vivre, d'apprendre, de partager ... avec cette exemple de pub pour iPad 2, son dernier bébé. Des mots simples, une musique douce et lente, l'utilisateur au centre, le produit starifié et une voix enveloppante, agée telle une lecture au coin du feu par un grand-père à ses petits-enfants... simple, chaleureux et rassurant. Un vrai doudou numérique.

J'ai eu l'occasion et l'immense privilège de rencontrer Steve Jobs une fois et même de le faire venir en direct sur le plateau d'une émission de Canal + que je produisais (Merci pour l'Info avec Emmanuel Chain) . Un moment rare, intimidant et un vrai stress que je n'oublierai jamais. Le boss Europe d'Apple Pascal Cagny m'avait laissé peu d'espoir tant Steve fuyait les plateaux TV (il était réputé capricieux, control-freak et avait claqué la porte de son dernier itw live sur msnbc après une question sur sa vie intime...il n'avait pas fait sa réapparition sur une émission en direct depuis 3 ans). Je vous passe les semaines de tractations et la tenacité du chef d'édition de l'époque Frédéric Josué face à un entourage de rockstar, puis vint le D-Day. (en illustration Steve Jobs joue avec l'application Photo Booth)

A moins de 30 minutes de l'antenne, nous ne savions toujours pas si "Steve" daignerait honorer sa promesse ( ) ...avant qu'une mercedes puissante aux vitres teintees deboule dans le studio 109 de la Plaine St Denis, arrêtant sa course à quelques mètres du plateau : 3 bodyguards en sortirent, afin de sécuriser la zone (sic!) et laissèrent leur patron, Steve Jobs faire une "vente", produits à l'appui, transformant l'émission en gigantesque séquence de télé-achat. Incroyable ... au pays du CSA et impressionnant à la fois de sentir cet homme habité par sa vision du monde tout autant que par les produits de grande consommation qu'il avait inventé. Tout Steve Jobs, un "inven-deur", une synthèse de génie créatif et commercial qui n'a jamais oublié le sens culturel de sa contribution au monde, à l'image de cet hommage surprenant d'Apple à  "2001 Odyssée de l'Espace" de Stanley Kubrick avant le passage à l'an 2000.

Steve Jobs est mort. Alors que fleurissent sur Twitter, les hommages, les témoignages ( ceux de Walt Mossberg @allthingsD et de @blam de Gizmodo sont d'incroyables leçons de vie ) alors que se multiplient posts, quotes et questions autour de #stevejobslegacy, je pense comme beaucoup que ce discours de Steve Jobs prononcé le 12 Juin 2005 dernier à l'occasion du "114ème Commencement" (en fait, la fin de scolarité des étudiants de Standford, Californie, à quelques miles du garage où toute l'histoire d'Apple avait commencé) est majeur pour comprendre l'homme et sa philosophie. Un discours qui aborde trois histoires de sa carrière, ses débuts à la fac et sa start-up Apple avec son complice Steve Wozniak dit @woz, son éjection d'Apple avec la création successive de Next et du génial Pixar, racheté à Georges Lucas, et enfin une troisième histoire, plus intime encore sur la mort, sa mort, alors que son cancer au pancréas venait d'être révélé au monde entier. Un témoignage en forme d'appel à la créativité et à la prise de risque, qui va devenir un appel à toute une génération. Mon conseil, imprimez-le, photocopiez-le, partagez-le et surtout, faite le lire à vos enfants et adolescents, si ce n'est déjà fait...

Traduction « C'est un honneur de me trouver parmi vous aujourd'hui et d'assister à une remise de diplômes dans une des universités les plus prestigieuses du monde. Je n'ai jamais terminé mes études supérieures. A dire vrai, je n'ai même jamais été témoin d'une remise de diplômes dans une université. Je veux vous faire partager aujourd'hui trois expériences qui ont marqué ma carrière. C'est tout. Rien d'extraordinaire. Juste 3 expériences. 

« Pourquoi j'ai eu raison de laisser tomber l'université »
La première concerne les incidences imprévues. J'ai abandonné mes études au
Reed College au bout de six mois, mais j'y suis resté auditeur libre pendant
dix-huit mois avant de laisser tomber définitivement. Pourquoi n'ai-je pas poursuivi ? Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante célibataire, et elle avait choisi de me confier à des parents adoptifs. Elle tenait à me voir entrer dans une famille de diplômés universitaires, et tout avait été prévu pour que je sois adopté dès ma naissance par un avocat et son épouse. Sauf que, lorsque je fis mon apparition, ils décidèrent au dernier moment qu'ils préféraient avoir une fille. Mes parents, qui étaient sur une liste d'attente, reçurent un coup de téléphone au milieu de la nuit :«Nous avons un petit garçon qui n'était pas prévu.Le voulez-vous?» Ils répondirent : « Bien sûr. »Ma mère biologique découvrit alors que ma mère adoptive n'avait jamais eu le moindre diplôme universitaire, et que mon père n'avait jamais terminé ses études secondaires. Elle refusa de signer les documents définitifs d'adoption et ne s'y résolut que quelques mois plus tard, quand mes parents lui promirent que j'irais à l'université. 17 ans plus tard, j'entrais donc à l'université.Mais j'avais naïvement choisi un établissement presque aussi cher que Standford, et toutes les économies de mes parents servirent à payer mes frais de scolarité. Au bout de 6 mois, je n'en voyais toujours pas la justification. Je n'avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie et je n'imaginais pas comment l'université pouvait m'aider à trouver ma voie. J'étais là en train de dépenser tout cet argent que mes parents avaient épargné leur vie durant.
Je décidai donc de laisser tomber. Une décision plutôt risquée, mais rétrospectivement c'est un des meilleurs choix que j'aie jamais faits. Dès le moment où je renonçais, j'abandonnais les matières obligatoires qui m'ennuyaient pour suivre les cours qui m'intéressaient.Tout n'était pas rose. Je n'avais pas de chambre dans un foyer, je dormais à même le sol chez des amis. Je ramassais des bouteilles de Coca-Cola pour récupérer le dépôt de 5 cents et acheter de quoi manger, et tous les dimanches soir je faisais 10 kilomètres à pied pour traverser la ville et m'offrir un bon repas au temple de Hare Krishna. Un régal. Et ce que je découvris alors, guidépar ma curiosité et mon intuition, se révéla inestimable à l'avenir. Laissez-moi vous donner un exemple : le Reed College dispensait probablement alors le meilleur enseignement de typographie de tout le pays. Dans le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était parfaitement calligraphiée.Parce que je n'avais pas à suivre de cours obligatoire, je décidai de m'inscrire en classe de calligraphie.C'est ainsi que j'appris tout ce qui concernait l'empattement des caractères, les espaces entre les différents groupes de lettres, les détails qui font la beauté d'une typographie. C'était un artancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science.J'étais fasciné.Rien de tout cela n'était censé avoir le moindre effet pratique dans ma vie. Pourtant, 10 ans plus tard, alors que nous concevions le premier Macintosh, cet acquis me revint. Et nous l'incorporâmes dans le Mac.Ce fut le premier ordinateur doté d'une typographie élégante. Si je n'avais pas suivi ces cours àl'université, le Mac ne posséderait pas une telle variété de polices de caractères ni ces espacements proportionnels.Et comme Windows s'est borné à copier le Mac, il est probable qu'aucun ordinateur personnel n'en disposerait. Si je n'avais pas laissé tomber mes études à l'université, je n'aurais jamais appris la calligraphie, et les ordinateurs personnels n'auraientpeut-être pas cette richesse de caractères. Naturellement, il était impossible de prévoir ces répercussions quand j'étais à l'université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard. On ne peut prévoir l'incidence qu'auront certains événements dans le futur ; c'est après coup seulement qu'apparaissent les liens ( connecting the dots) . Vous pouvez seulement espérer qu'ils joueront un rôle dans votre avenir. L'essentiel est de croire en quelque chose - votredestin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie.

« Pourquoi mon départ forcé d'Apple fut salutaire »
Ma deuxième histoire concerne la passion et l'échec. J'ai eu la chance d'aimer très tôt ce que je faisais. J'avais 20 ans lorsque Woz [Steve Wozniak, le co-fondateur d'Apple N.D.L.R.] et moi avons créé Apple dans le garage de mes parents. Nous avons 
ensuite travaillé dur et, 10 ans plus tard, Apple était une société de plus de 4 000 employés dont le chiffre d'affaires atteignait 2 milliards de dollars. Nous venions de lancer un an plus tôt notre plus belle création, le Macintosh, et je venais d'avoir 30 ans. C'est alors que je fus viré.Comment peut-on vous virer d'une société que vous avez créée ? C'est bien simple, Apple ayant pris de l'importance, nous avons engagé quelqu'un qui me semblait avoir les compétences nécessaires pour diriger l'entreprise à mes côtés et, pendant la première année, tout se passa bien. Puis nos visions ont divergé, et nous nous sommes brouillés. Le conseil d'administration s'est rangé de son côté. C'est ainsi qu'à 30 ans je me suis retrouvé sur le pavé. Viré avec perte et fracas. La raison d'être de ma vie n'existait plus. J'étais en miettes. Je restais plusieurs mois sans savoir quoi faire. J'avais l'impression d'avoir trahi la génération qui m'avait précédé - d'avoir laissé tomber le témoin au moment où on me le passait. C'était un échec public, et je songeais même à fuir la Silicon Valley. Puis j'ai peu à peu compris une chose - j'aimais toujours ce que je faisais. Ce qui m'était arrivé chez Apple n'y changeait rien. J'avais été éconduit, mais j'étais toujours amoureux. J'ai alors décidé de repartir de zéro.Je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite, mais mon départ forcé d'Apple fut salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Uneliberté grâce à laquelle je connus l'une des périodes les plus créatives de ma vie. Pendant les 5 années qui suivirent, j'ai créé une société appelée NeXT et une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d'une femme exceptionnelle qui est devenue mon épouse. Pixar, qui allait bientôt produire le premier film d'animation en trois 
dimensions, Toy Story , est aujourd'hui la première entreprise mondialeutilisant cette technique. Par un remarquable concours de circonstances, Apple a acheté NeXT, je suis retourné chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez NeXT estaujourd'hui la clé de la renaissance d'Apple. Et Laurene et moi avons fondé une famille merveilleuse.Tout cela ne serait pas arrivé si je n'avais pas été viré d'Apple. La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c'est mon amour pour ce que je faisais qui m'a permis de continuer.Il faut savoir découvrir ce que l'on aime et qui l'on aime. Le travail occupe une grande partie de l'existence, et la seule manière d'être pleinement satisfait est d'apprécier ce que l'on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C'est comme enamour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s'améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu'à ce que vous trouviez.

« Pourquoi la mort est la meilleure chose de la vie »
Ma troisième histoire concerne la mort. A l'âge de 17 ans, j'ai lu une citation qui disait à peu près ceci :« Si vous vivez chaque jour comme s'il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. »
Elle m'est restée en mémoire et, depuis, pendant les 33 années écoulées, je me suis regardé dans la glace le matin en me disant :« Si aujourd'hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j'aimerais faire ce que je vais faire tout à l'heure ? » Et si la réponse est non pendant plusieurs jours à la file, je sais que j'ai besoin de changement. Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j'ai découvert de plus efficace pour m'aider à prendre des décisions importantes. Parce que presque
tout - tout ce que l'on attend de l'extérieur, nos vanités et nos fiertés, nos peurs de l'échec - s'efface devant la mort, ne laissant que l'essentiel. Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d'éviter le piège qui consiste à croire que l'on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Il n'y a aucune raison de ne pas suivre son coeur. Il y a un an environ, on découvrait que j'avais un cancer. A 7 heures du matin, le scanner montrait que j'étais atteint d'une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu'était le pancréas. Les médecins m'annoncèrent que c'était un cancer probablement incurable, et que j'en avais au maximum pour six mois. Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui signifie : « Préparez-vous à mourir. » Ce qui signifie dire à ses enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez leur dire pendant les 10 prochaines années. Ce qui signifie essayer de faciliter les choses pour votre famille. En bref, faire vos adieux. J'ai vécu avec ce diagnostic pendant toute la journée. Plus tard dans la soirée, on m'a fait une biopsie, introduit un endoscope dans le pancréas en passant par l'estomac et l'intestin.
J'étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m'a raconté qu'en examinant le prélèvement au microscope,les médecins se sont mis à pleurer, car j'avais une forme très rare de cancer du
pancréas, guérissable par la chirurgie.On m'a opéré et je vais bien. Ce fut mon seul contact avec la mort,et j'espère qu'il le restera pendant encore quelques dizaines d'années. Après cette expérience, je peux vous le dire avec plus de certitude que lorsque la mort n'était pour moi qu'un concept purement intellectuel : personne ne désire mourir. Même ceux qui veulent aller au ciel n'ont pas envie de mourir pour y parvenir. Pourtant, la mort est un destin que nous partageons tous. Personne n'y a jamais échappé. Et c'est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. C'est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l'ancien pour faire place au neuf. En ce moment, vous représentez ce qui est nouveau, ce qui est neuf, mais un jour vous deviendrez progressivement l'ancien, le vieux, et vous laisserez la place aux autres. Désolé d'être aussi dramatique, mais c'est la vérité. Votre temps est limité, ne le gâchez 
pas en menant une existence qui n'est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d'autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre coeur et votre intuition. L'un et l'autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire. Dans ma jeunesse, il existait une extraordinaire publication The Whole Earth Catalog, l'une des bibles de ma génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d'ici, à Menlo Park, et il l'avait marquée de sa veine poétique. C'était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et l'édition électronique, et elle était réalisée entièrement avec des machines à écrire, des paires de ciseaux et des appareils Polaroid. C'était une sorte de Google en livre de poche, 35 ans avant la création de Google. Un ouvrage idéaliste, débordant de recettes formidables et d'idées épatantes. Stewart et son équipe ont publié plusieurs fascicules de The Whole Earth Catalog. Quand ils eurent épuisé la formule, ils sortirent un dernier numéro. C'était au milieu des années 1970, et j'avais votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d'une route de campagne prise au petit matin, le genre de route sur laquelle vous pourriez faire de l'auto-stop si vous avez l'esprit d'aventure.Dessous, on lisait : "Soyez insatiables,Soyez fous". C'était leur message d'adieu. C'est le voeu que j'ai toujours formé pour moi. Et aujourd'hui, au moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d'une nouvelle vie, c'est ce que je vous souhaite. Soyez insatiables. Soyez fous. Merci à tous.»

Steve Jobs est mort. Une disparition qui sonne sans doute comme celle de John Lennon pour la génération précédente. Un choc. Une tristesse. Une espérance. Merci Steve. De tout. De cet ode à la créativité, à l'innovation, au courage entreprenarial. De cette exigence communicative. De cette drammaturgie inspirante et des "One More Thing" que l'on entendra plus. Merci de n'avoir jamais oublié le primat de la culture sur le business, d'avoir invité tes héros de la musique dans tes keynotes, et d'avoir tout checké jusqu'au bout, en faisant rêver le monde et en le transformant profondément. Je pense n'avoir jamais passé une seule journée au cours de ces 25 dernières années sans n'avoir pas touché un de tes produits. Des produits qui reliaient des générations et réunissaient (en facetime) des amis du bout du monde. 

Rest in Peace Steve. Et repose-toi. Tu l'as bien mérité. Tu as lutté jusqu'au bout avec discrétion, tu as eu l'élégance supérieure de laisser ton successeur assurer sa 1ère Keynote 24 heures avant ton départ. On imagine que le choix du nom "4S" qui nous a tous surpris voulait dire "4 Steve". Et je suis même convaincu que cette dernière image, c'est toi qui l'a validée...

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 rememberingsteve@apple.com

 

End of the World

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Un tremblement de terre. Un seisme médiatique. Une tornade qui depuis 1 semaine ébranle l'Angleterre des "tabs and paps" (tabloids et paparazzi),  fragilise le gouvernement de David Cameron et menace un empire industriel, celui de Rupert Murdoch, l'homme média le plus puissant de la planète, en pleine acquisition du bouquet satellite BskyB dont il détient déjà 40%... 

Un Watergate version UK

NOTW, comme le résume le # sur twitter est au coeur d'un scandale hallucinant mêlant policiers véreux, journalistes sans scrupules, et politiciens indélicats.

Un véritable Watergate des Médias, avec à l'origine non pas les écoutes téléphoniques d'un parti politique mais le piratage de téléphones mobiles et de boites vocales, de centaines de célébrités comme Sienna Miller, Jude Law ou Hugh Grant mais aussi d'anonymes, révélés après une enquête exemplaire démarrée depuis Novembre 2005 par un journaliste pugnace, Nick Davies du Guardian. Toute l'histoire de cette enquête est ici sur la timeline interactive du Guardian.

Une déflagration qui a poussé le fils du magnat australien, James Murdoch a déclaré la fermeture pure et simple de cette institution britannique. Une disparition brutale qui arrange aussi les principaux intéressés : en fermant le journal, on fait disparaître en 24h mails, disques durs et éléments compromettants. Une amputation censée stopper la gangrène menaçant l'ensemble du groupe News Corporation, propriétaire de la chaîne conservatrice Fox News, du Washington Post, du nauséabond New York Post ou encore du studio Fox Pictures. Après 168 années d'existence, suite à une campagne virale sans précédent en Angleterre et un appel au boycott d'annonceurs comme Ford, Renault, Tesco, Procter & Gamble ... News of the World, the world's greatest newspaper 1843-2011 et ses 7,5 millions de lecteurs a donc fermé boutique. RIP

Tout bascule le lundi 4 juillet dernier :

C'est avec cette nouvelle explosive du Guardian que l'affaire du "Phone Hacking" s'emballe. Le Guardian démontre que le portable d'une jeune collégienne de 13 ans retrouvée morte en 2002 a été piraté par NOTW, qui poussa le sordide à purger pendant 6 mois la boite vocale de la jeune Milly afin d'espionner de nouveaux messages et publier de nouvelles révélations. Ce faisant, ils ralentissaient l'enquête policière et laissaient les parents de la disparue dans l'espoir d'une simple fugue..Disgusting.

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La relative tolérance pour le "phone hacking" de personnalités effectué au nom d'une prétendue moralité publique n'est plus de mise. D'autant que l'on apprend que d'autres écoutes, aussi choquantes, ont été commanditées sur les téléphones portables des familles des victimes du "London Bombing" ou de soldats anglais morts au combat en Irak et en Afghanistan. Et qu'il apparait, toujours grâce aux limiers du Guardian, que certains policiers "ripoux" de Scotland Yard étaient rémunérés près de 100 000 £ annuels par le NOTW pour étouffer toute affaire compromettante pour le journal ou au contraire fournir des indices confidentiels sur des investigations en cours.

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Des révélations qui firent l'effet d'une bombe cette fin de semaine provoquant l'arrestation d'Andy Coulson, ex rédacteur en chef du journal et qui donnèrent à l'affaire une dimension de scandale politique. Car Andy Coulson n'est pas qu'un journaliste aux pratiques contestables, déjà inquiété et acquitté lors des écoutes royales de 2005, il fut nommé directeur de la communication du 10 Downing Street pendant quelques mois juste après l'élection de David Cameron, son ami personnel puis démissionna à mesure que l'enquête du Guardian tournait en sa défaveur.

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Déja suspecté d'entretenir, comme Tony Blair en son temps, des relations un peu trop conniventes avec News Corp (le Sun est réputé peser lourdement sur le choix du locataire du 10 Downing Street), le Prime Minister anglais a été publiquement attaqué à la Chambre des Communes cette semaine par le chef de l'opposition Ed Milliband et a dû organiser ce vendredi une conférence de presse offensive sur le sujet.

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Bien que David Cameron ait réussi ses déclarations publiques sur le sujet, et qu'il ait demandé l'ouverture de 2 enquêtes, l'une sur les pots de vin avérés, l'autre sur la régulation des médias, l'heure de vérité pour le Premier Ministre réside dans la décision que le pouvoir exécutif pourrait donner à l'acquisition par Murdoch de 100% du bouquet satellite BskyB, leader audiovisuel en Grande-Bretagne. Le scandale a déjà fait plonger de plus de 12% le cours de l'action de BskyB à la bourse de Londres soit une perte de capitalisation de près de 1 Milliards de £, et provoqué une campagne de mobilisation online avec une pétition "No Time to give Murdoch More Power" totalisant plus de 150 000 signataires.

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Follow the Money :

Cette mobilisation par internet n'a pas uniquement pour destinataire le monde politique, mais également le monde publicitaire et les marques qui financent par leurs insertions les médias. Lorsque les consommateurs entrent dans la danse, elles ne peuvent plus se dédouaner de leur choix de supports. Le média-planning prend une dimension politique. Le constructeur automobile Ford, dont la qualité de la stratégie sociale n'est plus à démontrer, est le premier à se rendre compte de la levée de boucliers et décide d'annuler ses campagnes sur NOTW dès mardi matin. Aussitôt les groupes activistes "Liberal Conspiracy" et "Political Scrapbook" multiplient leurs actions online. En quelques heures, ils bombardent le Net de messages, et d'API Twitter, diffusent des mails types et des listes de comptes twitter des dircoms de ces annonceurs. Jeudi dernier, la campagne s'affine et cible spécifiquement le Top 10 des annonceurs du News of the World qui représente 12,7 Millions de £ d'investissements annuels. 

La campagne est un tel succès que le journal annonce de lui-même la fin de toute commercialisation publicitaire pour le prochain numéro. Il propose que ces pages de pub soient offertes à des ONG anglaises ou des Charity Campaigns, dans la continuité de certaines opérations de salubrité publique lancées par le journal,  mais toutes opposent un refus categorique à l'éditeur. Parmi les annonceurs, Renault va même plus loin puisqu'il annonce un boycott de tous les journaux publiés par le groupe de Rupert Murdoch. Un précédent historique pour News Corp.

Thank You & Goodbye

Tel est le dernier tire en Une de ce journal. News of the World, hebdomadaire crée le 1er Octobre 1843 a donc publié ce dimanche sa dernière édition enregistrant vraisemblablement un record de diffusion bien au-delà des 2.6 Millions de copies hebdomadaires achetées par l'homme de la rue, le "White Van Man".

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Pour l'occasion, le tirage a été porté à plus de 5 millions d'exemplaires pour un numéro déjà "collector" qui se vendait hier sur eBay avant même son impression. Et une fermeture brutale et symbolique du plus grand journal anglais de l'histoire alors qu'était lancé ce 6 juillet à Londres un futur poids lourd de la presse online "le Huffington Post UK". Quelle synchronicité !
 "It is Sunday afternoon, the wife is already asleep in the armchair, and the children have been sent out for a nice long walk. You put your feet up on the sofa, settle your spectacles on your nose and open the News of the World." Georges Orwell - 1946.

Le News of the World restera indissociable de l'histoire de l' Angleterre moderne. Lors de l'édition de Noel en 1843, il a publié la nouvelle d'un jeune auteur méconnu..." A Christmas Carol" signée Charles Dickens. NOTW a également couvert les obsèques de la reine Victoria, la catastrophe du Titanic, les deux guerres mondiales et le King's Speech, la victoire en Coupe du Monde 1966, le mariage d'Elizabeth, les Malouines et la disparition tragique de Diana.
NOTW a également joué un rôle déterminant dans la découverte du scandale Profumo, ministre de Mc Millan épris d'une jeune call-girl Christina Keeler en pleine guerre froide.

La ligne éditoriale du journal de Fleet Street demeurera agressive et inquisitoriale mais respectueuse d'une certaine éthique journalistique. Sa diffusion qui culmina à 8.4 millions de copies en 1951, un record inégalé dans la presse anglo-saxonne, chuta ensuite jusqu'aux 2.4 millions d'aujourd'hui. La reprise en 1968 par Rupert Murdoch ne changera rien à cette perte continue de lecteurs, si ce n'est un long glissement vers le trash, la croisade morale, et le scoop à tout prix. Sexe, drogue et fonds de poubelles.  

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La newsroom est désormais aux mains de Scotland Yard. Les 200 salariés sur le carreau. Rupert dans l'avion pour Londres, Rebekah Brooks, CEO de News International est confortée par son actionnaire malgré les critiques. Tous pense que Murdoch prépare déjà la riposte et le lancement de la version dominicale du "Sun", les adresses web "thesunonsunday.co.uk" ayant été déposé le jour-même de l'avis d'obsèques du NOTW. A moins que lassés par cette "gutter press" les anglais lentement mais surement se détournent des "Tabs & paps" qui ont consacré sur la planète le magnat australien, et retrouvent le goût d'un journalisme de qualité magnifié par l'enquête implacable six années durant du Guardian.  Thank You and Goodbye.

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Après les "Hommes du Président", à quand "Les Hommes du Milliardaire" sur vos écrans ? En attendant les Redford et Hoffman du Guardian, voici la version animée de cet incroyable scandale par un studio made in Taïwan...

 

Pourquoi Skyrock est unique ?

Depuis quelques jours, Skyrock vit un moment clé et paradoxal de son histoire, clé à l'heure des médias sociaux et de l'info en temps réel, paradoxal car si l'actionnaire est bien loin de la caricature du hedge fund texan obnubilé par le profit court-terme, et si la liberté des ondes n'est pas, selon moi menacée, cette affaire pose problème mais rend possible une solution. En positif, elle présente donc une formidable opportunité pour Skyrock et pour le média radio en général.

A l'évidence, l'éviction de Pierre Bellanger de toute fonction exécutive (quelque soient les motivations de son actionnaire et les qualités avérées de son successeur designé Marc Laufer) est une erreur sur la forme et peut-être sur le fond, tant son départ marquerait un tournant. Pierre Bellanger n'est pas un DG interchangeable, il est le fondateur de cette station, il en est le cerveau et, il est sur un plan économique, ce que son actionnaire a peut-être sous-estimé, son 1er commercial. Personnellement, en tant que président d'agence média, j'ai rarement vu un patron qui est aussi impliqué dans le quotidien de sa régie publicitaire ( ie Springbird dirigée par Philippe Jacob) et dans l'acte de vente, qui investit autant de son temps en réunion commerciale afin d'inventer des dispositifs de communication pertinents et innovants pour les annonceurs (les fameuses "opérations spéciales" plus rémuneratrices que les simples tunnels de spots) et qui est si reconnu par ces mêmes clients pour sa connaissance parfaite d'une cible volatile et exigeante, la fameuse cible des 10-20 ans.

Dès lors, et sans denier le droit de tout actionnaire majoritaire à user du pouvoir que lui confère ses actions et les droits de vote afférents, la mise à l'écart soudaine d'un patron VRP ne manque pas de m'interroger ? N'y a-t-il pas là, paradoxalement, un risque plus grand de destruction de valeur réelle pour l' actionnaire ? Qui verrait avec bienveillance un changement de même nature dans d'autres radios FM marquées de l'empreinte de leur patron-fondateur : qui peut imaginer NRJ sans Jean-Paul Baudecroux, Nextradio sans Alain Weill et même en région, Contact FM à Lille sans Didier Rigot, Radio Scoop à Lyon sans Daniel Perez, Vibration FM à Orléans sans Jean-Eric Valli ? Trois d'entre eux , au moins , on fait en sorte de rester patron chez eux, y compris sur le plan actionnarial, c'est sans doute l'erreur de Pierre Bellanger de n'avoir pu le demeurer et la logique aujourd'hui de sa proposition de rachat.

La radio n'est pas un média comme les autres. Et les stations FM comme Skyrock sont des médias jeunes, fragiles, qui ont vécu une crise économique historique, celle de 2009, et une rupture technologique majeure liée au numérique, rupture qui a pourtant durement affaibli la puissante industrie musicale. Ces radios ont juste 30 ans depuis la libération des radios "libres" en mai 1981. Contrairement aux radios dites péripheriques ( car émettant en périphérie du territoire national ,RTL au Luxembourg, Europe1 en Sarre, ...) appartenant à des groupes médias puissants ( RTL Group, Lagardère) ou au pôle public de Radio France dont le devenir est garanti par la redevance, les FM entrent a peine dans leur âge adulte. Même celles qui se sont fédérées et diversifiées, reprenant parfois des stations historiques (RMC pour Next, Sud Radio pour Start) doivent consolider encore leur succès.

Et Skyrock dans ce paysage, demeure un modèle à préserver, car doublement spécifique : elle est la 1ère radio des 13/19 ans, à grand renfort de libre-antenne. Et elle est, prolongation logique, le 1er média francais à avoir compris la révolution digitale et avoir hissé sa plateforme communautaire dans les 1ers rangs européens (33 millions de blogs). 

Émission-fleuve emblématique de la jeune géneration, la libre-antenne de Difool et de son équipe représente (qu'on l'aime ou qu'on la critique) un élement unique dans le paysage média francais, ce qui donne a Skyrock une utilité réelle dans notre société. 
Dans un pays qui a du mal à aimer et valoriser ses jeunes, qui a du mal à leur donner la parole ou des responsabilités, l'apport de cette radio est indéniable, y compris en tant de crise : c'est sky qui est appelé par le syndicat policier Alliance pour calmer les tensions dans certains quartiers, c'est sky (et en particulier Pierre Bellanger) qui a importé des US "Alert Amber" et s'est battu avec le soutien du garde des sceaux de l'époque Rachida Dati pour lancer en France "Alerte Enlèvement", et qui a mis sur pied avec les gouvernements de tous bords des dizaines de campagnes d'utilité publique sanitaires et sociales....

A l'heure où certains grands groupes comme Apple se mobilisent autour de la prévention du suicide des jeunes et utilisent leur notoriété pour combattre les préjugés , soulignons que Skyrock a toujours été au devant de ses responsabilités. Bien sûr, à l'antenne, le niveau des vannes est limite, la vulgarite des propos peut choquer et la station connut certains dérapages. On est loin de l'humour de Coluche, des Nuls ou même celui plus scato de Borat ou Groland mais la fonction d'une radio n'est pas la même. Skyrock, ca n'est pas de la télé, ca n'est pas de la fiction mais une parole brute, crue, ancrée dans la réalité où l'on dit et nomme les choses ainsi que les attributs. 

Dans un pays ou l'éducation sexuelle en milieu scolaire ou familial demeure non systématique voire tabou, dans lequel les missions du planning familial, notamment dans les communes et les banlieues, sont parfois entravées et où la recrudescence de MST et d' avortements chez les plus jeunes semblent inexorables, pour toutes ces raisons, la libre antenne de Skyrock est un exhutoire salutaire. Et puis que les ados aient un espace à eux, avec leurs mots, leurs codes, leurs transgressions, ne me choque pas, vu que tous les quadras portent leurs vetements et leur ont piqué leur wii.. .

Radio de la jeune génération, Skyrock a contribué à faire émerger une musique, le rap, interdit d'antenne en radio comme en TV mais elle a aussi été parmi les premières (avec Nova et FG) à ouvrir son studio à un DJ ( Cut Killer, DJ Mehdi..) ou à révéler les talents francais du RnB.
Pour avoir produit pendant 1 an sur France 5 une émission interactive "Cult" dédiée aux cultures urbaines, je mesure le conservatisme ambiant contre lequel il a fallu faire face. Et cette émission , elle aussi interactive, qui fut en 2006 consacrée par un Emmy Award était diffusée sur le service public ! 

Si le quasi-monopole de la diffusion par Skyrock du Rap et du RnB en France suscite des critiques, tout monopole induit des effets pervers sur son écosysteme, il a permis au-delà de NTM et de IAm à une jeune scène francaise d'émerger ( 113, Kery James, La Fouine, Sinik, Booba, Rohff, Soprano, Diams,..) et à une génération de trouver sa station de référence, un peu à l'image de Radio Caroline et du rock jugé "licencieux" des années 60.

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Deuxième raison pour laquelle Skyrock a crée un modèle différent, son réseau communautaire. Comme on l'a beaucoup entendu ces derniers jours, si " la radio a des auditeurs, skyrock ce sont des auditeurs qui ont une radio". Ce sentiment d'appropriation est aussi le fruit d'un continuum entre l'antenne et la toile, et d'une vision, celle du fondateur de Skyrock. Son ouvrage publié dès 2003 "la convergence, c'est le code" anticipait avec brio la convergence du tout IP, et l'explosion des réseaux sociaux. Sous son impulsion, sky est devenu skyblog, doublant ainsi la valeur du groupe radio, et laissant sur place tous les autres groupes médias francais, dont la digitalisation ne compte au mieux que pour 15 à 20% de leurs revenus quand ce n'est pas 5% pour les grandes chaînes historiques.

Avec Skyblog, mais aussi Tuenti en Espagne ou Bebo en Angleterre, l'Europe du web s'est trouvée une spécificité : le blogging. Les pages persos ont progressivement disparu et près de 33% des 11-15 ans en France ont ouvert leur blog, nouvel espace d'échange, de dialogue et de socialisation. Si le modèle Skyblog a souffert ces 2 dernières années, il a opposé une résistance remarquable aux vagues puissantes des myspace, facebook et autres twitter.

Pied de nez de l'histoire, il est amusant de voir que dans la crise qui se joue aujourd'hui, ce sont ces mêmes grands réseaux sociaux qui ont permis et facilité la mobilisation des auditeurs et internautes : +550 000 supporters sur Facebook en 3 jours, des milliers de tweets venus du monde entier, et des vidéos virales sur les plateformes UGC ... 

A l'image de NRJ dont la manifestation historique du 8 décembre 1984 lui fit changer de statut et consacra son leadership national, Skyrock est devenu cette semaine un média adulte, connu et respecté, point de passage obligé des politiques et des journalistes. Espérons qu'à l'image de la médiation engagée entre les actionnaires ( ie nomination de Jean-Michel Darrois le lundi 18 Avril ) et de la démonstration de vitalité de cette radio, une solution soit rapidement trouvée afin de permettre à cette station si particulière de poursuivre sa mission et donc ses émissions. Merci Skyrock. Merci Pierre Bellanger.

News : 20 Avril 17h10 / Le Crédit Agricole vient d'annoncer à l'antenne de Skyrock ce soir à 17h par la voix de son DG Jean-Paul Chifflet que la banque prenait 30% du capital de la holding et créait avec Pierre Bellanger un pool majoritaire ( 60%) Axa Private Equity conservant pour l'heure ses 40%. Ce pool sera constitué de PBellanger et associés (51%) et du Crédit Agricole (49%). Bellanger va pouvoir bientôt ranger sa chambre et quitter son lit-bureau. Le fondateur va reprendre le pouvoir exécutif de son entreprise. Une sortie, pour tous, par le haut.

Apple Birthday : Stay Hungry, Stay Foolish

Tout a été dit ou presque sur le succès spectaculaire de la Pomme et de son gourou, Steve Jobs. A l'occasion des 35 ans de cette entreprise cofondée par Jobs et le génial Steve Wozniak le 1er Avril 1976 ( l'histoire oubliera vite le troisième fondateur un certain Ronald Wayne, qui vendra ses actions 12 jours plus tard 2300$, mais elle retiendra Paul Terrel du magasin informatique "Byte Shop" à Mountain View, le 1er businessman a avoir fait confiance aux Steve(s), tous deux geeks du Homebrew Computer Club voisin, en référençant leur invention). 

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Le temps du premier Apple I vendu par "Byte Shop" à un prix agresssif de 666,66$ est révolu. L'informatique individuelle s'est envolée, elle a même imposé ses règles, ses OS, son réseau IP et maintenant ses services en cloud computing à l'ensemble de l'écosystème informatique. Une révolution des systèmes et même du design, devenu aussi important que les composants ...

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35 années d'innovation pour une entreprise qui enregistre 65 Milliards $ de CA et a connu une histoire mouvementée en trois temps, une enfance brillante et précoce marquée par les succès du Apple II et du Mac, une adolescente plus chaotique avec les produits Performa, Pippin, Newton et autres ratés, avant d'entamer un passage à l'age adulte auréolé de succès. Apple Computer devint Apple, Inc, donne de la couleur aux produits gris avec l'iMac, ses tons pastels, framboise ou bleu lagon avant de révolutionner la musique avec le tandem iPod, iTunes, de révolutionner la téléphonie mobile avec un autre duo inédit iPhone, AppStore avant de créer pour la seconde fois depuis l'Apple I, une véritable rupture technologique en créant from scratch un nouveau terminal, l'iPad.

Ce spot de l'iPad 2 qui a été révélé ce week end aborde le coeur du discours et du succès planétaire d'Apple, faire oublier la technologie au profit d'une expérience utilisateur sans cesse plus valorisante. "This is what we believe. Technology alone is not enough. Faster, thinner, lighter...those are all good things. But when technology gets out of the way, everything becomes more delightful...even magical. That's when you leap forward. That's when you end up with something like this."

C'est parce que les produits et la philosophie d'Apple ont été si consistants depuis 1976 et notamment au cours des 15 dernières années, que la marque a fédéré l'une des plus belles communautés d'ambassadeurs, de fans, des macmaniaques , dont je fais partie, qui seraient sans doute a peu près capables d'acheter n'importe quel produit ou service avec une pomme en guise de logo, tant nous avons confiance en cette marque iconique.

Peu importe les surcoûts à l'achat, le verrouillage de l'écosystème iTunes, l'antennagate de l'iphone 4, les échecs de l'apple TV ou du réseau Ping, nous mangeons la pomme jusqu'au trognon et aimons cela. Derrière cette véritable hypnose collective, un homme, un deus ex-iMachina , dont la mythologie personnelle a peu d'équivalent dans le business : un nom de quasi-prophète, un look immuable, baskets blanches, jean et polo noir, un style, un sens du verbe, une rareté de la parole personnelle et un culte du secret et du contrôle permanent qui alimentent tous les phantasmes. 

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Steve Jobs, néo Big Brother ? On peut en douter. En revanche, après IBM dans les années 70, et Microsoft dans les années 90, c'est son entreprise Apple Inc qui pourrait devenir le Big Brother de l'Entertainment, son monopole de fait sur les contenus payants et ses 200 millions de cartes de crédit d'usagers Apple lui assurant une rente forcée dans la monétisation des futurs services web. La menace que représentent l'alliance des réseaux IP et des contenus désintermédiés par les plateformes Apple commence à inquiéter détenteurs de droits et chaines gratuites ou de pay TV, à l'image de la polémique Time-Warner aux US. Avec son système Airplay, présent sur iPhone, iPad ou Apple TV, demain Apple pourra rendre disponible l'ensemble de ses contenus sur tout téléviseur connecté... la guerre des droits est déclarée.

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Dernier commentaire sur l'homme Steve Jobs, avec deux souvenirs personnels aux antipodes : le 1er durant lequel Steve Jobs m'a semblé caricatural. J'ai en effet eu l'occasion de le faire venir en direct sur le plateau d'une émission de Canal + que je produisais, par l'intermédiaire de mon ami et collaborateur Fred Josué... un vrai cauchemar. Les caprices de Paris Hilton plus le service de sécurité de Poutine !. Il avait claqué la porte du précédent interview live avec MSNBC et son entourage était en plaine paranoïa. A moins de 30 minutes de l'antenne, nous ne savions toujours pas si son iAltesse daignerait honorer sa promesse...avant qu'une mercedes puissante aux vitres teintees deboule dans le studio 109 de la Plaine St Denis, arrêtant sa course à quelques mètres du plateau : 3 bodyguards au format Steve Ballmer en sortirent, afin de sécuriser la zone (sic!) et laissèrent leur patron débiter durant 40 minutes un argumentaire commercial, sans pathos, ni brio, ... le maitre était là, ses apôtres étaient en transe mais la magie ne fonctionnait pas. Steve faisait une vente, pas plus, le talk-show inédit s'était mué en télé-achat sous-titré...frustrant.

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Second souvenir, empreint d'humanité et de sincérité, loin de tout discours stéréotypé, le 12 Juin 2005 dernier à l'occasion du "114ème Commencement" en fait, la fin de scolarité des étudiants de Standford, Californie, à quelques encablures du garage où tout avait commencé. Un discours qui aborde trois histoires de sa vie, les débuts avec Steve Wozniak, son départ d'Apple avec la création de Next et de Pixar et enfin une troisième histoire sur la mort, sa mort, alors que son cancer au pancréas venait d'être révélé au monde entier. Un témoignage en forme d'appel à la créativité et à la prise de risque.

Voici le transcript en anglais de son message très personnel aux jeunes diplomés de Standford :

"About a year ago I was diagnosed with cancer. I had a scan at 7:30 in the morning, and it clearly showed a tumor on my pancreas. I didn't even know what a pancreas was. The doctors told me this was almost certainly a type of cancer that is incurable, and that I should expect to live no longer than three to six months. My doctor advised me to go home and get my affairs in order, which is doctor's code for prepare to die. It means to try to tell your kids everything you thought you'd have the next 10 years to tell them in just a few months. It means to make sure everything is buttoned up so that it will be as easy as possible for your family. It means to say your goodbyes. I lived with that diagnosis all day. Later that evening I had a biopsy, where they stuck an endoscope down my throat, through my stomach and into my intestines, put a needle into my pancreas and got a few cells from the tumor. I was sedated, but my wife, who was there, told me that when they viewed the cells under a microscope the doctors started crying because it turned out to be a very rare form of pancreatic cancer that is curable with surgery. I had the surgery and I'm fine now.This was the closest I've been to facing death, and I hope it's the closest I get for a few more decades. Having lived through it, I can now say this to you with a bit more certainty than when death was a useful but purely intellectual concept: No one wants to die. Even people who want to go to heaven don't want to die to get there. And yet death is the destination we all share. No one has ever escaped it. And that is as it should be, because Death is very likely the single best invention of Life. It is Life's change agent. It clears out the old to make way for the new. Right now the new is you, but someday not too long from now, you will gradually become the old and be cleared away. Sorry to be so dramatic, but it is quite true. Your time is limited, so don't waste it living someone else's life. Don't be trapped by dogma — which is living with the results of other people's thinking. Don't let the noise of others' opinions drown out your own inner voice. And most important, have the courage to follow your heart and intuition. They somehow already know what you truly want to become. Everything else is secondary. When I was young, there was an amazing publication called The Whole Earth Catalog, which was one of the bibles of my generation. It was created by a fellow named Stewart Brand not far from here in Menlo Park, and he brought it to life with his poetic touch. This was in the late 1960's, before personal computers and desktop publishing, so it was all made with typewriters, scissors, and polaroid cameras. It was sort of like Google in paperback form, 35 years before Google came along: it was idealistic, and overflowing with neat tools and great notions. Stewart and his team put out several issues of The Whole Earth Catalog, and then when it had run its course, they put out a final issue. It was the mid-1970s, and I was your age. On the back cover of their final issue was a photograph of an early morning country road, the kind you might find yourself hitchhiking on if you were so adventurous. Beneath it were the words: "Stay Hungry. Stay Foolish." It was their farewell message as they signed off. Stay Hungry. Stay Foolish. And I have always wished that for myself. And now, as you graduate to begin anew, I wish that for you.."

Depuis cette maladie publique, l'armure semble s'être fendue. Le monde entier et les analystes suivent avec une précision clinique les évolutions de la tumeur, la greffe du foie, le come-back, les absences, les départs de proches collaborateurs... Et pourtant l'aventure continue. Avec des hauts et des bas : Steve acclamé sur scène pour l'iPad 2, Steve en empathie avec le peuple japonais, Steve et le mea-culpa sur Foxcomm son sous-traitant qui sous-traitait jusqu'à ses propres employés, Steve et Barack pour un diner avec tous les boss de la Silicon Valley...

Happy Birthday Apple et bon courage Steve. Nous n'avons pas vu passer les 35ères années et attendons les suivantes avec gourmandise... Malgré la maladie et le combat quotidien, stay hungry, stay foolish...

 

 

Motor City, Eminem et le rêve américain

Cadillac, une marque de voiture légendaire, oui mais aussi un nom bien français, celui d' Antoine de la Mothe-Cadillac, fondateur de Détroit,  ville portuaire du Michigan en juillet 1701, à qui il donna le nom français de "détroit" de par sa situation au coeur des Grands Lacs. Détroit ville mythique qui a pêle-mêle vu naître Berry Gordy le pape du label Motown ( Motor Town ), Aretha Franklin, Madonna, Eminem, Sugar Ray Robinson légende de la boxe américaine, Francis Ford Coppola ou encore Steve Ballmer, le boss de Microsoft.

Détroit est un résumé de l'Amérique. Sa grandeur, ses crises, et son incroyable capacité à rebondir . En 1805 un incendie détruisit la ville et notamment toute son architecture coloniale française. La devise latine de cette cité naquit ce jour "Meliora de speramus, Cineribus de resurget", "Nous espérons des temps meilleurs, ils resurgiront de ces cendres...".

Détroit c'est avant tout Motor City, la ville de l'automobile, la cité des Big Three, GM, Ford et Chrysler, qui au rythme de l'aventure industrielle américaine, connut une croissance spectaculaire de 1900 à 1950 culminant à 1,8 millions d'habitants avant de voir sa croissance urbaine s'effondrer lors des 30 dernières années, passant de la 5ème à la 18ème place au rang des métropoles américaines.

Detroitpop

Une chute de la population urbaine soulignée cette semaine par la dernière enquête du Census Bureau, le recensement américain. Un déclin saisi de façon sublime par deux photographes français Yves Marchand et Romain Meffre qui ont capté dans leur ouvrage "The Ruins of Detroit" (publié en Décembre dernier aux éditions Steidl) mieux que toute enquête statistique la grandeur passée et les stigmates de ce prestige perdu, au milieu des hôtels éventrés, des théatres fantômes ( United Artists Theater) des immeubles déserts et d'une gare à l'abandon depuis 1988 le Michigan Central Station. Détroit c'est un Pompéi moderne. Selon les experts du comté, les 33 000 habitations délabrées et leurs parcelles couvrent près d'un tiers de l'agglomération soit 110km2 de ville désaffectée, l'équivalent d'une mégalopole comme San Francisco !

Détroit ne doit pas son déclin qu'à l'effondrement de l'industrie automobile, Détroit a également vécu les errements d'une gestion politique et sociale chaotique et d'affrontements interraciaux à la fin des années 60. Les émeutes de 1967 restent à ce jour les plus sanglants que les USA aient connues avec 43 morts, 467 blessés et plus de 2000 batiments détruits. Une blessure encore vive dans l'inconscient collectif américain que le funk joyeux et dansant de la Motown, premier label national dirigé par des Afro-Américains, et que les succès des Supremes, des Temptations, de Stevie Wonder, des Jackson 5 et autres Marvin Gaye ne parviendront pas à faire oublier. Depuis toujours, du blues de John Lee Hooker aux riffs des White Stripes, eux-aussi natifs des Grands Lacs, on danse parfois sur la même musique mais on ne se mélangent guère entre Blancs et Noirs. Détroit verra surgir le rock énervé d'Alice Cooper, et d'Iggy Pop & The Stooges, préfigurant le mouvement punk et garage. Détroit fera aussi naître la techno mais des clubs de Manchester à Ibiza, seule la planète blanche consacrera vraiment ce type de musique, les quartiers blacks lui préférant le rap et le r&b. 

Motown-nuggets

Aujourd'hui encore, Détroit est une ville noire à plus de 82%, toujours selon le recensement publié cette semaine. Un homme pourtant va réaliser le tour de force d'imposer son talent au-delà des races et des communautés, mêlant lyrics et mélo social, rage et positivisme : Eminem, comme M&M ( son vrai nom Marshall B. Mathers ) né dans le coin à Warren, et héros du film "8 Mile" avec Kim Basinger et la jeune Brittany Murphy, disparue après une overdose. Plus de 100 millions d'albums vendus, un Oscar de la meilleur BO, 30 Millions de fans sur Facebook, 11 nominations aux derniers Grammy Awards et l'un des 5 plus grand rappeurs de l'histoire. Eminem, qui est en plein procès actuellement pour ses droits digitaux, fait corps avec cette ville. Elle colle à ses mots, à sa peau. Il ne la lâche pas. Et il lui dédie cette lettre, cette prose de combat qui circule depuis quelques semaines sur le Net : "Stay Up Detroit"

Détroit veut renaître. Renaître, rebondir et croire en l'avenir. Dave Bing, le nouveau maire espère parvenir à reconfigurer sa ville, concentrant les investissements, et notamment les crédits scolaires sur certaines zones denses afin de lutter contre un déficit qui s'accroit à mesure que le population et les recettes fiscales diminuent. Rebondir et investir . En 2009, Détroit mise sur le cinéma et investit 150 Millions pour permettre aux studios d'y tourner des films. "Robocop", le héros cyborg du film sombre de Paul Verhoeven en devient le nouvel ambassadeur réunissant 50 000$ venant de particuliers désireux de donner à cette ville, capitale américaine des homicides, une nouvelle statue, un nouveau symbole mêlant maintien de l'ordre et entertainment.  

Des artistes et des urbanistes s'emparent de cette ville fantôme pour essayer d'y développer des projets alternatifs, entre urban gardening et green economy, et de prendre en main leur destin, tant les pouvoirs publics ne peuvent intervenir partout. Faisant face à la Michigan Central Station, le collectif "Imagination Station" multiplie par exemple démollissage et travaux de proximité, inventant de nouvelles solidarités urbaines. Et tous, à l'image du PowerHouse Project, pronent l'installation et le retour à Détroit, porté par des prix immobiliers en chute libre. Ce qui se vendait 100 000 $ en 2005 est mis en vente 15 000 $ aujourd'hui. 

Mais à Motor City, point de salut sans transports. Si Barack Obama a promis une ligne TGV pour relier Chicago et Détroit, la reconquête viendra des nouvelles technologies et de la voiture Next-Gen dont l'avenir s'écrit dans le Midwest. General Motors, dont le siège est symboliquement déplacé au "Renaissance Center", a évité la faillite et réussi son IPO le 18 Novembre dernier. A l'image d'un de ses modèles la Chevrolet Volt, automobile de l'année en 2011 aux USA et 1er véhicule 100% électrique produite aux usines de Hamtrack-Détroit, GM rêve de redevenir le temple de l' innovation automobile. L'Etat du Michigan y croit lui aussi qui a versé plus de 2 Milliards $ pour financer la R&D automobile ( batteries électriques, biofuel,..) et qui investit dans toutes les énergies renouvelables ( éoliennes, solaires..) avec un objectif de 25% de son bilan énergétique en 2025.  L' Université du Michigan, au 18ème rang mondial est au coeur de cette reconquête. Elle est également la seconde faculté du pays en termes de R&D, et de nombre d'ingénieurs formés chaque année.

"Expertise in cloud computing, mobile software applications and energy management are in demand in the Motor City as automakers replace car stereos with Internet radio and gasoline engines with motors powered by lithium-ion batteries. Technology job postings in the Detroit area doubled last year, making it the fastest-expanding region in the country, according to Dice Holdings Inc. (DHX), a job-listing website" comme l'a récemment remarqué le correspondant de Bloomberg

Le renouveau automobile ne se limite pas au discours écologique. Chrysler, suite à sa faillite et à sa reprise par le groupe Fiat, a défini un autre positionnement, celui du savoir-faire et de la qualité de la main d'oeuvre du Michigan. Pour le proclamer, il a choisi le moment où toute l'Amérique était devant la TV, le 6 février dernier lors de la finale du Superbowl 2011. 111 Millions de téléspectateurs ont pu voir cette publicité de 1 minute pour la nouvelle Chrysler 200 : 

 

Chrysler et Eminem en porte-drapeau, deux marques au service d'une ville et d'une campagne plébiscitée qui a déjà générée ses propres produits dérivés et son fund raising  : "Imported from Detroit". Et si un tweet maladroit a rappelé à chacun l'écart entre communication et réalité, Détroit ne veut plus être un boulet mais une origine revendiquée. Oui, Détroit resurgira de ses cendres. Au pays de l'acier et du métal, la confiance en l'avenir est inoxydable . 

 

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We are all Japanese

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Consternation et Respect, Inquiétude et Impuissance, autant de sentiments se mélangent en moi à suivre les rediffusions nocturnes de NHK World, les photo-reportages spectaculaires de Reuters ou du NYT et lire les témoignages poignants des familles endeuillées, des fratries séparées et de ce pays en état de guerre.

En ce moment, nous sommes tous Japonais.  Et pourtant nous ne le serons jamais vraiment. Le Japon contemporain vit aujourd’hui avec la peur de l’atome à l’image du traumatisme de 1945 et des ses conséquences, comme l'incarna à l’écran le personnage bouleversant de Yasuko dans « Pluie Noire » de Shohei Imamura. Il vit aussi  dans la confiance insulaire en sa capacité de rebond ou de reconstruction, telle que manifestée  après les 100 000 morts du tremblement de terre de 1923 à Tokyo ou du séisme de Kobé en 1995 qui coûta 100 Milliards de dollars au pays.

« Ici on enterre ses morts, on retrousse ses manches et on se remet au travail. Le Japon n’avance jamais que de crises en crises » résume l’historien Naoki Inose, vice-maire de Tokyo.

Longtemps seconde économie mondiale, aujourd’hui troisième derrière les USA et la Chine, le Japon a non seulement réussi à imposer son modèle de productivité, il a également su, comme en judo, retourner la puissance de ses adversaires économiques, en forces nationales. Cet archipel volcanique dépourvu de ressources naturelles est ainsi devenu une formidable machine industrielle profitant des dollars d’une Amérique à la folie consumériste et des bras d’un réseau unique de sous-traitants du sud-est asiatique.

Si le Japon n’a pas choisi sa géographie, il a en tout cas fait de son exposition aux risques, une force et une responsabilité. Le Japon est ainsi dans le trio des états les plus solidaires de la planète, subvenant massivement à tout pays, du Pakistan à Haïti, victime d’inondations , de séismes et autres catastrophes humanitaires. On doit également au Japon d’avoir conçu et organisé sous l’égide des Nations Unies en 2005 à Hyogo, la 1ère conférence internationale sur  une « société résiliente aux catastrophes et désastres » qui donnera lieu au programme « Hyogo Framework for Action ». Le Japon est une oscillation permanente entre éphémère et éternité.

Comme l’écrivait hier Stacey White du Centre d’Etudes Stratégiques sur les Crises, les Conflits et la Coopération, au moment où l’Occident tend ses bras et ouvre ses poches au Japon, nous devons nous souvenir que ce désastre doit être surmonté par les japonais eux-mêmes. La grande machine humanitaire occidentale aura un effet limité, malgré l’ampleur des destructions et des urgences.

A un désastre japonais doit succéder une reconstruction japonaise.

Ce processus de reconquête personnelle et collective sur fond d’orgueil national et de sagesse bouddhique demeure fondamental dans l’identité insulaire et dans sa capacité ultérieure à surmonter cette effroyable épreuve.

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Hope & thoughts pour tous mes amis japonais

En complément de cette note, je vous indique le magnifique hommage réalisé par des graphistes français sur le même thème. Quand la France, second pays au monde consommateur de mangas et adorateur de Myazaki, prend la plume, le fusain ou le pinceau, c'est très beau...  

Casino

What if the nature of competition between agencies were to change ? 

( french version is here )

The news broke this week in Paris. BMW Group decided to retain its current media agency, Carat (Aegis), after a fierce finale against Havas Média and Starcom (Publicis). First big pitch among media agency world this year and probably +50 others coming for another year of "Pitch Hysteria" in France, as elsewhere.

Beyond the logic behind the brand’s decision, which I won’t go into on my blog, let’s instead talk about where I see the industry going. Once over the heavy disappointment of not being able to convince them to change their strategy and partner, I was struck by how the bid strategy is evolving as much for creative agencies as for media agencies:

- the level of investment per competitive bid for the industry heavyweights is sharply rising:  100-200K€ invested per contract bid for media agencies, sometimes more for creative agencies, and that’s not counting the dozens of enthusiastic participants who night and day ceaselessly devote themselves to these potential prospects in addition to serving their customers. It’s an investment not unlike a gamble that’s unmistakably accelerating the consolidation of the sector. It’s becoming increasingly difficult for an independent to keep up with these kinds of investment expenditures. And for those clients that try to win out on a daily basis over their competitors, there are also hidden costs for each bid period, costs rarely factored in by their procurement department.

- the level of formalization of recommendations. We’ve gone in less than 5 years from mood boards to broadcast films in semi-release, from web models to actual functional sites and apps developed along with the pitch, and from a means-based strategy to a real finalized implementation:  most times the only thing left to do is push a button, and yet, 75% of the recommendations will self-destruct after the pitch process !

- the schizophrenia inherent in a dual-command system:  you have marketing on one side and procurement on the other. Sometimes these two sides are in synch, both on the principle as on the purpose of launching a bid, sometimes they’re drastically opposed, openly leaving agencies in the uncomfortable position of a pinball, bouncing from here to there in the procedure, from meeting to meeting, like between two bumpers – it’s an excel spreadsheet with backwards bidding...

All said and done, 80% of contract bids choose the incumbent media agency, a percentage that is lower for advertising agencies where creative challengers may more easily break their way in... but in all cases, you can expect free intelligence, studies, and insights for the pitch and hard financial negotiations not in the bid winner’s favor. Long story short, all that fuss for small returns, in other words the blood, sweat, and tears that in a few weeks becomes outdated, obsolete, and useless:  aren’t we witnessing, in plain sight and with a bandwagon approach that forces everyone to defend their budget or go all out to get another, the phenomenal ruination of value?

Why do these same clients, usually French multinational corporations, who are heavy buyers of strategy consultancy from Bain, Mc Kinsey, or AT Kearney, not to mention lawyers’ and accountants’ fees and M&A’s success fees, have much differing visions of our industry?

Certainly, the two french professional associations AACC ( creative agencies union ) and UDECAM ( media agencies union ) have been mobilized over the past 2 years, and my part in this as Chairman of Media Agency Association during the last two years, was hardly small, but you have to recognize that best practices policies were thrown out the window and unlike for example bids for architects or city planners, being paid for the work done during the bid process is unheard of for media agencies and rapidly becoming a thing of the past for creative agencies. 

What if advertising had just forgotten the last 10 years to advertise itself?

And what if certain excesses in our industry during the 80s had been yielding since this decade of recession to a permanent feeling of guilt towards advertisers, totally out of synch with our economic reality, compelling us to accept this "lose-lose" scenario?

And what if we take advantage of the end of the recession to change our dynamics?

And how about being upfront with our clients, their CEOs, and their project management who put out bids without fully measuring what’s all involved, especially when it comes to the accelerated de-valuation of media, and who don’t hesitate to change the rules of the game in mid-consultation. We should tell them that this system has lost its steam, it’s on its last leg, and that all agencies could and should find a better and more advantageous use for their talents and time in a way that benefits everybody, advertisers, media owners and agencies.

And why don’t we recreate value together – advertiser, agency, and media? We should explain to everyone that our day-to-day business is a far cry from the speculation bubbles and insane valuations of the latest Silicon Valley comets?

Let’s be reasonable and precise. We need to self-regulate the bid system for agencies before it bursts, and we need to accept the risk involved in managerial decision-making. In the real world, do we decide on a car based on the fact we’ve already been driving it for 3 months? Do we pick a restaurant only after sampling all its dishes and cross-examining its staff ? If we can’t find group solutions to end this frenzied system that we drive and that drives us, each of us will eventually have to answer for that as a manager and business owner. 

You can love the sport of it, the competition, fighting to win, accepting defeat, the romance of fair play, and Pierre de Coubertin’s first Olympic Games spirit, and yet at the same time worry that his legendary motto may very soon become for many agency bosses:  "the important thing is not to participate anymore".

Elementaire mon cher Watson

Si la victoire de Deep Blue sur Gary Kasparov en 1997 a modifié votre rapport aux échecs ou à l'intelligence artificielle

Si vous avez aimé "2001, Odyssée de l'Espace" et les rapports entre Dave et son ordinateur HAL 9000 ( les trois lettres de HAL étant celles d'IBM décalées d'un rang )  parodiés dans cette vidéo publicitaire par Apple en mai 2006 

Alors le triomphe de Watson ne vous aura pas échappé.

Pour tous les autres, vous allez découvrir comment un supercalculateur ( plus de 90 serveurs en réseau ) a gagné la finale du célèbre "Jeopardy" un jeu télévisé de questions inversées ( la réponse s'affiche, vous devez trouver la question correspondante) face à 2 joueurs humains, Brad Rutter et Ken Jennings qui avaient dans le passé triomphé en empochant 3.2M$ et 2.5M$ de gains.

IBM, dont l'aura avait pali devant les succès météorites des deux premières générations de start-ups Internet ( google, yahoo, ebay..puis facebook, youtube, groupon...) vient de réaliser une performance historique dans la compréhension du cheminement de la connaissance humaine, une performance qui renoue avec les plus grandes réalisations d'IBM qu'il s'agisse de sa contribution au programme Apolllo et au 1er pas sur la Lune ou encore à la découverte du génome humain avec le programme de recherche Blue Gene/P.

IBM signe également la plus spectaculaire opération de Brand Content de ces dernières années ; l'émission spéciale, diffusée du 14 au 16 février dernier, sous-titrée "The IBM Challenge" et tournée depuis le TJ Watson Research Center à Yorktown Heights, New York, vient de battre ses meilleures audiences avec plus de 9 millions de foyers américains touchés et une exposition formidable pour la marque informatique.

Battre un grand maître réputé imbattable aux échecs représentait un défi. S'imposer dans un jeu de connaissances,où le second degré, l'humour, les faux-amis se multiplient et dans lequel l'ordinateur doit pouvoir répondre en langage naturel, avec rapidité et précision, quels que soient les 30 sujets abordés par émission, représente un challenge autrement plus complexe qui a mobilisé une équipe d'une trentaine de chercheurs.

Watson, du nom du fondateur d'IBM Thomas J. Watson, est ainsi devenu l'ordinateur le plus populaire et le plus humain de la télévision américaine. Il lui a fallu emmagasiner une connaissance encyclopédique évaluée à 1.5 trillion de bytes mais également la restituer en moins de 3 secondes en live ( en fait l'enregistrement de ces 3 émissions de 26' a duré près de 4heures du fait de plantages informatiques avec le systéme du broadcaster ) avec une voix, une interface vidéo et même un indicateur de confiance suivant les thèmes abordés

Regardez "the Face of Watson" ou encore "What is Toronto" sur une erreur spectaculaire du calculateur, c'est passionnant et ce sont quelques unes des 10 vidéos diffusées sur You Tube et également présentes sur le site dédié IBMWatson habilement titré "Humans win". La prophétie de Star Trek est donc réalisée et les applications de cette puissance combinée hardware/software de Watson ( voice recognition + data analytics + artificial intelligence )  au secteur médical ou éducatif passionnent déjà la communauté scientifique et tous les chercheurs de la planète. Et nous ? Il n'est pas impossible que demain votre processeur continue de s'humaniser et que suivant ce que vous taperez sur votre clavier ou en reconnaissance vocale, votre laptop soit en mesure de vous répondre, de vous challenger, voire de vous chambrer ... Dans ce futur à la "Mondwest", la revanche des Watson et autres assistants personnels a peut-être sonné. Elémentaire, mon cher Humain...

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http://www-943.ibm.com/innovation/us/watson/

 

 

Casino

( english version here )

Et si les compétitions entre agences étaient en train de changer de nature ?

La nouvelle est tombée cette semaine. BMW Group a choisi de rester dans son agence actuelle, Carat (Aegis) après une finale acharnée face à Havas Média et Starcom (Publicis).

BMW, marque qui avait confié l'an dernier son budget créatif à la JWT de Freddy Winckler et qui poursuit avec succès sa mutation industrielle et technologique à l'image de son dernier concept-car "BMW Vision" que je vous invite à découvrir en vidéo.


Au-delà du bien-fondé de la décision de cette marque , qu'il ne m'appartient pas de juger sur ce blog personnel, parlons plutôt de ma vision du métier. Une fois passée la forte déception de n'avoir pu convaincre un prospect de changer de vision stratégique et de partenaire, je suis frappé de voir combien la logique d'appel d'offres est en train d'évoluer tant pour les agences créatives que pour les agences médias :

- le niveau d'investisssement par compétition pour les poids lourds du métier s'affrontant est en forte inflation : de 100 à 200ke investis par appel d'offres pour les agences médias, parfois plus pour les agences créa, sans compter les dizaines de collaborateurs passionnés qui jour et nuit vont s'arrêter de vivre pour se consacrer à ces potentiels prospects en plus de servir leurs clients. Un investissement qui s'apparente à un pari de casino et accélere immanquablement la consolidation du secteur. De plus en plus difficile pour un indépendant de suivre de tels tickets d'investissements. Et pour les clients qui se battent eux-aussi au quotidien face à leurs concurrents, des coûts cachés liés à chaque période de compétition , coûts rarement chiffrés par leurs directions du procurement.

- le niveau de formalisation des recommandations. On est passé en moins de 5 ans des mood boards aux films broadcasts quasi-diffusables, des maquettes web à de véritables sites fonctionnels développés au cours du pitch, de stratégie des moyens à une véritable implémentation finalisée : il n'y a souvent plus qu'à appuyer sur le bouton et pourtant les 3/4 de ces recos s'autodétruiront !

- la schizophrénie propre au système à double commande : marketing d'un côté, procurement et direction d'achats de l'autre. Parfois ces deux entités sont en phase tant sur le principe que sur la finalité de lancer une compétition, parfois ils s'opposent frontalement, ouvertement laissant les agences dans la désagréable condition d'une boule de flipper, qui rebondirait au gré de la procédure, de réunion en réunion, de bumper en bumper, de tableur excel en enchères inversées...

A l'arrivée, 80% des compétitions reconduisent le sortant en agence média, le % est certes plus faible en agence de publicité où la créa peut parfois permettre à un challenger de faire le trou... mais dans tous les cas, toujours plus d'intelligence, d'études, d'insights donnés en cadeau lors du pitch puis des honoraires fortement renégociés à la baisse pour l'agence victorieuse . Bref, tout ça pour ça, me direz-vous, du jus de crâne, du talent, du caviar qui en quelques semaines devient caduc, obsolète, périmé, inutile : n'assiste-t-on pas, là sous nos yeux et avec la faiblesse complice qui veut que chacun d'entre-nous fera tout pour défendre son budget ou se battre pour en gagner un nouveau, à une formidable destruction de valeur ?

Pourquoi ces mêmes clients, le plus souvent des grands groupes internationaux et français, grands acheteurs de conseil stratégique auprès des Bain, Mc Kinsey, ou AT Kearney, sans oublier leurs honoraires d'avocats, d'experts comptables ou les success fees de M&A, pourquoi considèrent-ils donc notre industrie de façon si différente ?

Les deux associations interprofessionnelles l'AACC et L'UDECAM se sont certes mobilisées ces deux dernières années, j'y ai pour ma part beaucoup contribué mais il faut bien reconnaître que les chartes de bonnes pratiques sont restées des bouteilles à la mer et que contrairement par exemple aux compétitions d'architectes ou d'urbanistes, la rémunération du travail effectué durant l'appel d'offres est inconnu en agence médias et de plus en plus inexistant en agences créa. 

Et si la pub avait tout simplement oublié ces 10 dernières années de faire la sienne ?

Et si certains excès des années 80 dans nos métiers avaient fait place depuis cette décennie de crise à une sentiment permanent de culpabilité face aux annonceurs, totalement en décalage avec notre réalité économique, qui veut que l'on accepte ce jeu lose-lose ?

Et si l'on profitait de cette sortie de crise pour changer de dynamique ?

Et si l'on disait franchement à nos clients, à leurs Présidents et DG et à leur directions opérationnelles qui lancent parfois de tels appels d'offre sans en mesurer totalement les implications, notamment sur la destruction accelérée de la valeur des médias, ou qui n'hésitent pas à en modifier les règles du jeu en cours de consultation, que ce système est à bout de souffle, que l'on marche sur la tête et que toutes les agences pourraient, devraient utiliser leurs talents et leur temps, autrement et de façon bien plus profitable pour chacun, annonceurs et agences.

Et si l'on décidait de recréer de la valeur ensemble , annonceur, agence et médias.. et si l'on expliquait à chacun que notre quotidien est bien loin des bulles spéculatives et des valorisations folles des nouvelles comètes de l'internet, le plus souvent californiennes ?

Soyons raisonnables et précis. Autorégulons le système des compétitions d'agences avant qu'il ne craque, et acceptons la prise de risque propre à tout choix managérial . Dans la vraie vie, choisit-on une voiture après avoir roulé pendant 3 mois avec ? sélectionne-t-on un restaurant après avoir passé sur le grill l'ensemble de la brigade et goûté tous les plats ? A défaut de trouver des solutions collectives pour mettre un terme à la frénésie d'un système que nous subissons et alimentons, chacun sera alors placé devant sa responsabilité de manager et d'entrepreneur. 

On peut aimer le sport, la compétition, se battre pour gagner, accepter la défaite, on peut être fair-play, aimer l'esprit de Pierre de Coubertin et pourtant s'inquiéter que sa légendaire devise puisse devenir demain pour beaucoup de patrons d'agences: " l'important est de ne plus participer".

 

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Paris, Mercredi 23, 11pm

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Dominique Delport